Le blog de L'ACEN

dim. 07 juin '09

Encore une bonne raison pour se remettre au Naturel...


Source : www.thecoilreview.com
 

ven. 14 sept. '07

On vous préfère Naturelles !

On ne cessera jamais de le crier haut et fort : les filles, on vous préfère naturelles ! Vos cheveux sont magnifiques lorsqu'ils gardent leur texture originelle. Vous êtes uniques, inimitables ! Pourquoi chercher à faire compliqué, coûteux, artificiel quand on peut faire simple, naturel et authentique ?

Cette vidéo est dédiée à toutes celles d'entre vous, soeurs, mères, épouses, cousines, amies... qui, avec classe et intelligence, font honneur et nous rendent fiers du patrimoine génétique que la nature et nos ancêtres nous ont transmis.



 

mer. 06 juin '07

Nouvel ouvrage de Juliette Sméralda

Après le très réussi « peau noire, cheveu crépu », Juliette Sméralda nous revient avec « Du cheveu défrisé au cheveu crépu, de la désidentification à la revendication » (aux éditions Anibwe, ce qui est encourageant) ; un ouvrage dans la continuité du précédent. En guise de résumé, les commentaires de quelques lecteurs avertis (voir ci-après) ne manqueront pas de susciter l’intérêt de celles (et ceux) qui refusent encore de prendre au sérieux cette problématique.


« Juliette Sméralda attire l’attention sur les conséquences pernicieuses de la consommation, par les petites filles noires, des objets ludiques telles les poupées occidentales aux cheveux blonds, aux yeux bleus et à la peau blanche. Les petites filles noires « finissent, selon elle, par s’identifier à ces objets ethniques, à force de les coiffer – geste par lequel elles s’habituent à la texture et à la couleur du cheveu lisse et long –, alors qu’elles ne bénéficient d’aucune expérience parallèle, qui les habituerait à la manipulation de la texture crépue de leurs propres cheveux crépus ou frisés. » Yves

« Après analyse de mon parcours, il m’apparaît qu’aimer son cheveu n’est pas un acte spontané, mais un apprentissage. Aujourd’hui c’est un acquis pour moi. Grâce à cela, j’ai finalement pu dépasser le processus d’aliénation dans lequel j’étais prise, et suis aujourd’hui à l’aise avec mon image et beaucoup mieux "dans ma peau". » Aline

« J’ai découvert que ce n’était pas une décision simplement cosmétique, mais un acte politique, que de sortir de la spirale du défrisage. Je ne l’avais pourtant pas fait pour ces raisons-là. Mais assumer ses cheveux crépus, je le découvre tous les jours, c’est se poser en rebelle, au sein d’un peuple à qui on a appris depuis des siècles à détester ses propres traits. » Micaela

D’autres réactions intéressantes ici et ici, sans oublier le site des éditions Anibwe.

L'auteure : Juliette Smeralda, sociologue, enseignante, chercheure. Membre du laboratoire « Cultures et société en Europe », UMR CNRS 7043, Université Marc Bloch Strasbourg II.

lun. 28 mai '07

Mon parcours de « Naturelle » (Epilogue)

Chassez le naturel, il revient au galop !
Quelques temps après ma deuxième remise en question, j’avais de plus en plus l’impression que la fille que je voyais dans le miroir était une inconnue, jolie sûrement (la modestie ne tue pas lol) mais pas une africaine !!! Ce triste constat m’a rappelé ce que j’étais et ce que je n’étais pas.

Je ne jette pas la pierre aux filles qui portent des tissages, loin de là mon intention, mais dans mon cas mes actes ne collaient plus du tout avec mon discours. J’étais la première à clamer que j’étais fière de mes origines, à lire les ouvrages du grand Cheikh Anta Diop et à m’émerveiller devant les récits des voyageurs européens dans nos Royaumes mais j’étais aussi la première à courir acheter des mèches et à passer des heures au salon à attendre qu’on me pose mes nouveaux cheveux.

On dit toujours que les apparences sont trompeuses ou encore que l’habit ne fait pas le moine, c’était vrai à 100% dans mon cas. Si on m’écoutait parler les yeux fermés, on aurait pu imaginer une jeune femme arborant un bel afro ou de splendides tresses mais malheureusement ce n’était pas cela du tout.

Par souci de cohérence, j’ai donc décidé de ne porter que des coiffures rappelant ma terre, l’Afrique (Kémèt). Je courais après le changement et croyez-moi depuis que je ne porte plus de tissage, je change de coiffure plus que régulièrement. Je le répète encore, cet article n’a vraiment pas pour but de blesser ou de critiquer les défrisées ou les porteuses de tissage, je souhaite seulement faire part de mon expérience pour, je l’espère, inciter d’autres personnes à faire de même et revendiquer leurs origines à travers leurs coiffures et honorer la beauté africaine.

Pour toutes les personnes intéressées, je conseille l’ouvrage de Juliette Sméralda, Peau noire, cheveu crépu. Cet ouvrage vous aidera à mieux saisir la relation complexe entre notre apparence physique et le milieu dans lequel nous évoluons. Je vous recommande aussi ce superbe forum : cheveux-ebene.forumactif.com/index.htm ou encore sur ce blog : our-hair.skyblog.com et surtout, je vous encourage à participer au Salon Boucles d’Ebène qui se tiendra à Montreuil (Ile-de-France, 93) les 2, 3 et 4 juin 2007.

ven. 18 mai '07

Mon parcours de « Naturelle » (Episode 2/3)

TWA_Rama.jpgAdieu le défrisant, bonjour ma touffe !
J’ai donc décidé à ce moment de dire stop au pot de défrisant et de faire mon « Big Chop », c’est à dire de couper toute la partie défrisée de mes cheveux et ne laisser que mes petites repousses. Me voilà donc en Juillet 2005, prête à me faire couper les cheveux après un dernier défrisage en Février. J’étais partagée entre excitation et anxiété, excitée de découvrir ma vraie texture et très anxieuse de découvrir mon nouveau visage. Comme toutes les filles, ma question principale, « et si ça ne me va pas ? ». Par précaution, j’ai demandé à ce que ne soit pas coupée toute la partie défrisée pour pouvoir me faire des tresses ou bien l’éternel tissage noir et lisse au cas où les cheveux courts ne me seyaient pas. Ma première réaction face au miroir : qu’est-ce que ça change ! Mais j’étais réellement heureuse, ça peut paraître bizarre voire exagéré pour certaines mais je me sentais libérée. Libérée de quoi, je ne savais pas vraiment mais c’est ce que j’éprouvais à cet instant.

KellyFrange.jpgDeuxième remise en question.
Je reviens sur l'éternel tissage… je voulais vraiment insister là-dessus car depuis quelques mois, j’ai décidé de mettre en valeur la coiffure africaine. Certaines me diront que le tissage est une coiffure africaine, je leur réponds certes, mais les cheveux lisses ne font pas partie de notre patrimoine génétique, ou du moins pas dans mon cas. Retour en arrière à l’époque où je me posais des questions sur le défrisage… Pourquoi cacher mes beaux cheveux crépus sous les cheveux d’une autre (eh oui, j’étais une grande adepte des mèches brésiliennes) ? J’aime changer de coiffure, le dégradé long, noir et la frange me vont à ravir, voilà les réponses à ma question. Retour à la case départ !!

dim. 13 mai '07

Mon parcours de « Naturelle » (Episode 1/3)

Comme la plupart des jeunes femmes noires, j’ai connu la technique du défrisage très tôt mais les conséquences néfastes que très tard malheureusement. Ma mère pour m’éviter la douleur du démêlage pensait que le recours au défrisage était la solution, autant pour elle que pour moi. Les informations sur les effets de cette opération, loin d’être anodine, n’étant pas diffusées, je n’ai arrêté de me défriser que récemment. Pourquoi, me demanderez-vous... Et bien parce que j’ai pris conscience du sens réel du défrisage, de la raison pour laquelle je me défrisais les cheveux. Je ne m’étais jamais vraiment demandée pourquoi tous les six mois j’achetais ce pot de « Just For Me » chez l’épicier vietnamien du coin et passais une heure assise sur une chaise à souffrir, la tête en « feu » très souvent.

Première remise en question.
Lorsque je me suis posée la question il y a quelques années, en lisant les articles du forum Cheveu Ebène, ma première réponse a été, la facilité. C’est vrai, pourquoi perdre du temps à se démêler les cheveux avec le bon vieux peigne afro si un produit magique me permettait de les avoir lisses et détendus ? Mais malheureusement c’était faire preuve de naïveté, consciemment ou non, je ne sais pas. Je me suis penchée plus sérieusement sur la question en voyant tous ces commentaires de jeunes femmes naturelles du forum Cheveu Ebène qui expliquaient leur routine comme on dit dans le jargon. En effet, à les lire, il n’y avait vraiment rien de compliqué à s’occuper de ses cheveux naturels et surtout le jeu en valait la chandelle. La texture de leur touffe, la diversité de leurs coiffures…en voyant de si belles photos je ne pouvais que me remettre en question, ce que j’ai fait.

La révélation.
J’en suis arrivée à une bien triste conclusion, je ne me défrisais pas les cheveux que par facilité, mais aussi car dans mon esprit, il était plus esthétique d’avoir les cheveux raides que crépus. Le pire dans l’histoire c’est que les cheveux défrisés ne m’allaient mais alors pas du tout ! Les cheveux fins qui deviennent plats avec le défrisage, je déconseille… En plus de ça, je ne laissais pas mes cheveux « voler au vent » malgré leur longueur, peut-être parce que je ne voulais pas que mes camarades de classe blanches découvrent le subterfuge. Eh oui, les cheveux défrisés ne rivalisent pas avec les vrais cheveux raides d’une blanche ou bien les mèches de tissage que je me faisais poser. Pauvre de moi…je venais de me rendre compte que j’étais accrochée à l’image de la femme occidentale à laquelle je voulais ressembler sans m’en rendre compte alors que je n’avais rien à lui envier. Que me restait-il donc à faire... ? Passer à l'action !!

dim. 29 avr. '07

Peau noire, cheveu crépu...

Quatrième de couverture : S'intéresser au binôme cheveu (crépu) / peau (noire) pour révéler les lieux de passage de la domination ethnoculturelle d'un groupe par un autre est dicté par le souci d'adopter – dans le traitement de la problématique complexe de l'imitation et/ou de l'emprunt interculturel – une démarche empirique qui donne à voir l'empreinte, sur le corps et le cheveu des dominés, des modalités concrètes de l'exercice de l'influence des dominants, que l'on aurait objectivement un peu plus de mal à cerner, à travers la seule étude de leur discours.

Outre de devoir s'ajuster en permanence aux évolutions sociales qui s'imposent à eux, les dominés, privés de projet de société et de modèle de développement autocentré, se voient condamner à se remorquer à un développement exogène, qui ne leur laisse de choix qu'entre l'emprunt et l'imitation de traits socioculturels non adaptés à leurs spécificités raciales et culturelles, mais qui les aident cependant à ne pas être exclus de « la marche du monde ».

Aussi, dans les sociétés issues de la colonisation, des phénomènes de mimétisme comportemental et culturel ont-ils vu le jour, qui ont été caractérisés en terme de dénaturation (par rapport aux références raciales et culturelles initiales des populations africaines mises en esclavage ou asservies sur leur territoire même), avant de faire l'objet d'une stigmatisation en termes assez systématique d'aliénation culturelle.

Les études et analyses portant sur cette aliénation ont moins exploré les modalités et manifestations somatologiques (physiologiques) de pratiques esthétiques que l'on n'a pas manqués de qualifier de mimétiques, mais qui ne peuvent s'appréhender hors le contexte de la société de consommation occidentalisée qui s'impose à la planète tout entière, et qui pousse à décloisonner les significations proprement culturelles prêtées à ces phénomènes, sans pour autant les affranchir d'une lecture en terme d'influence de la culture occidentale dominante sur les cultures dominées.

L'auteure : Juliette Sméralda est docteur en sociologie, actuellement Attachée Temporaire d'Enseignement et de Recherche (ATER) à l'université Marc Bloch, Strasbourg II. La sociologie de la dominance et l' interculturalité sont ses domaines de recherche.